Pourquoi booster son attention doit être une priorité à l’ère de
l’intelligence artificielle 

par | 1 Oct 2019

Vous entendez beaucoup parler d’Intelligence Artificielle en ce moment ?

Normal, l’IA est LA prochaine révolution. Elle va créer pour l’humanité une cascade de changements, des changements bien plus importants encore que ceux que nous avons vécu ces dernières années.

A quelles difficultés seront confrontés celles et ceux qui travailleront avec l’IA ? En quoi un travail spécifique de renforcement de l’attention peut les aider à aborder ces difficultés ?

Voyons cela ensemble.

 Les changements liés à l’IA, une source de stress majeure

L’Intelligence Artificielle amènera de nombreux changements. Et notre cerveau a une tendance fâcheuse : il considère les changements comme une menace potentielle et y répond avec un mécanisme de défense que l’on appelle le stress.

Lorsque nous croisons un animal agressif – ce qui était encore courant dans un passé récent à l’échelle de l’évolution humaine – ce mécanisme est adapté. Il s’active et diffuse dans notre corps de l’adrénaline, de la noradrénaline et du cortisol, ce qui nous prépare à combattre ou à fuir pour éviter
que l’animal ne nous croque, puis se désactive quand l’animal est hors d’état de nuire ou loin de nous.

Mais lorsque la menace perçue s’inscrit dans la durée comme le fait l’Intelligence Artificielle, ce mécanisme peut rester activé. Il a alors des conséquences délétères sur notre santé mais aussi sur nos actions. En effet le stress chronique nous bloque dans un état émotionnel donné souvent la colère ou la peurqui va déformer notre vision du monde et nous placer dans les pires conditions pour agir avec recul et discernement.

La bonne nouvelle, c’est qu’en développant notre capacité à être attentif à notre propre expérience, nous pouvons éviter de tomber dans ce piège.

Si, alors qu’on nous annonce qu’une IA va prendre une partie de nos activités, nous sommes suffisamment attentifs pour percevoir que la colère ou la peur s’invitent, nous allons disposer d’une information précieuse.

Une information qui va nous donner de l’espace pour sortir de l’influence de notre émotion. Plutôt que de réagir à la situation en la fuyant (via une forme de déni) ou en la combattant (via une opposition non constructive), nous pourrons alors choisir de l’accepter et de réfléchir à la meilleure façon d’y répondre.

Mais au-delà de nous aider à faire les bons choix face à l’arrivée de l’AI, il y a un autre intérêt à développer notre capacité à être attentif. 

Cultiver notre attention pour capitaliser sur ce que nous faisons mieux que les machines

S’il est vrai que sur certaines activités les machines sont (ou seront) plus performantes que nous, on peut penser que ce ne sera pas le cas de toutes les activités, en tout cas pas tout de suite.

Cela ouvre des perspectives. Peut-être pourrons-nous par exemple laisser aux machines les activités où il faut absorber une grande quantité de données et les traiter, et nous recentrer sur les activités où les aptitudes sociales et la capacité à faire face à des situations nouvelles sont importantes.

Dans ces deux domaines, nous pouvons en effet dans les années à venir conserver une grande longueur d’avance sur les IA Sous réserve, bien sûr, que notre attention soit suffisante pour nourrir ces aptitudes sociales et pour réagir aux situations nouvelles autrement qu’en mode pilote automatique.

Si l’on considère l’oncologie, par exemple, nous pourrions très bien laisser dans un futur proche le diagnostic et la proposition du traitement aux Intelligences Artificielles. Elles disposeront pour ces activités de ressources bien supérieures aux nôtres. Nous pourrions alors nous recentrer sur l’accompagnement des patients face à cette terrible épreuve qu’est le cancer. Un accompagnement qui nécessitera beaucoup d’empathie – donc d’être très attentif au patient -et aussi une grande stabilité émotionnelle– donc d’être très attentif à nos propres pensées et à nos propres émotions pour éviter de sombrer dans ce qu’on appelle le « burnout empathique ».

Et c’est la même chose pour de nombreux métiers. Certains dirigeants d’entreprises sortent du lot aujourd’hui malgré une faible attention aux autres et une faible attention à eux-mêmes, simplement parce qu’ils disposent de fortes compétences techniques, d’une grande capacité d’analyse et d’une grande capacité de travail. Mais demain ? Avec des machines qui les surpassent dans ces trois domaines, ils devront se réinventer. Le leadership, la capacité à créer un environnement bienveillant et la capacité à gérer son stress ne seront plus des options mais des impératifs. Autant de compétences qui sont également liées à la capacité d’attention aux autres et à soi.

Et si disposer d’une bonne capacité d’attention est important pour celles et ceux qui travaillent ou travailleront avec les IA, ça l’est aussi pour celles et ceux qui conçoivent ces IA.

Cultiver son attention permettra de développer de meilleures Intelligences Artificielles

Marie Curie, en parlant de l’impact du progrès scientifique, disait « vous ne pouvez pas espérer construire un monde meilleur sans améliorer les individus ». Pour que l’IA contribue à rendre le monde meilleur, cette amélioration doit inclure a minima une amélioration de la capacité d’attention des ingénieurs qui les développent.

Pour s’en convaincre, Imaginez qu’une Intelligence Artificielle de recrutement soit conçue par des personnes qui ont une faible capacité d’attention aux autres.

Ces personnes, pour respecter leur planning de développement, se contenteront probablement de nourrir leurs algorithmes avec les données des candidats qui, dans le passé, ont été choisis ou recalés. Et de ce fait, l’Intelligence Artificielle reproduira dans le futur les discriminations du passé qui ont, dans beaucoup d’entreprises, historiquement favorisé les hommes blancs issus d’une grande école d’ingénieur ou de commerce.

Imaginez maintenant que cette intelligence Artificielle de recrutement soit conçue par des personnes qui sont attentives aux autres et à leur souffrance. Elles prendront le temps qu’il faut pour nettoyer les données fournies aux algorithmes car elles ne voudront pas que ces derniers reproduisent les choix biaisés du passé. Cela prendra plus de temps, mais finalement l’entreprise cliente sera gagnante. Elle disposera d’une IA qui ne discriminera pas sur de mauvais critères et in fine lui apportera plus de diversité dans son recrutement et donc plus de valeur.

Vous êtes convaincus de l’intérêt d’aider vos collaborateurs à développer leur attention ? Super ! Mais reste une question essentielle : comment faire ?

Il ne suffit pas de décider d’être plus attentif pour l’être, pas plus qu’il ne suffit de décider de courir plus vite pour concurrencer Usain Bolt.

La Mindfulness, ou méditation de pleine conscience, est une pratique laïque qui permet d’entrainer notre capacité à diriger notre attention vers notre expérience interne nos sensations physiques, nos pensées, nos émotions – et externe notre environnement, les personnes qui nous entourent.

Cette pratique se développe très vite au sein des entreprises pour plusieurs raisons :

Déjà, elle est simple à mettre en œuvre : méditer ne demande ni matériel ni prérequis particulier.

Ensuite elle est très efficace : grâce à l’IRM fonctionnelle, les chercheurs ont pu démontrer qu’une pratique quotidienne d’une dizaine de minutes impacte directement le fonctionnement du cerveau et renforce les circuits de l’attention. Si un nombre important de grandes entreprises (Google, SAP, HP…) s’emploient à faire découvrir la mindfulness à leurs collaborateurs, ce n’est pas un simple effet de mode !

Et vous, offrez-vous déjà à vos collaborateurs la possibilité de développer leur attention grâce à la Mindfulness ?

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